[MEDIAS] «Depuis le 11 avril, on n’a pas vu une sole entre Dunkerque et Calais!» – La Voix du Nord

Mardi, les députés européens se prononceront définitivement sur la technique de la pêche électrique, décriée, mais pratiquée à outrance par les Néerlandais. Pour les pêcheurs du littoral de Boulogne-sur-Mer à Dunkerque, la situation est catastrophique.

Quatre bateaux dunkerquois ont pris la mer jeudi midi. De retour vendredi matin, la récolte est désespérément maigre: 90kg de poissons en tout et pour tout. Philippe Nowé explique: «Après avoir payé les charges, les gars, le gasoil, et vendu le poisson, il reste 30€ par bateau. Pour une vingtaine d’heures passées en mer, faites le compte…» Pour «faire la journée», il aurait fallu ramener 150kg par bateau. La situation des artisans pêcheurs a atteint un seuil extrêmement critique en ce début d’année 2018. La flottille dunkerquoise -un fileyeur et trois chalutiers- ne ramène plus assez de poissons pour faire vivre correctement la filière et les pêcheurs. «Il n’y a plus rien, on n’a jamais vu ça!», ajoute Frédéric Drogerys, président du comité régional des pêches. «Depuis le 11avril, on n’a pas vu une sole entre Dunkerque et Calais», renchérit Philippe Nowé.

Depuis début mai et jusqu’en novembre, les Dunkerquois ont été contraints d’aller pêcher plus à l’ouest, jusqu’à Dieppe en Normandie.

Appel à l’aide

Si l’on regarde dans le rétroviseur, le bilan est implacable. Dans la zone 4C (le sud de la mer du Nord), où pêchent les Dunkerquois, mais aussi les Néerlandais, la quantité de soles débarquées par la flottille des Hauts-de-France a chuté de 43% en quatre ans pour atteindre 387tonnes en 2017. Mais où est passé le poisson? Dans le viseur, les filets électrifiés des pêcheurs néerlandais et leur pratique illégale qui met en péril la ressource, selon de nombreux scientifiques. Face à deux députés, l’un français, Paul Christophe (14e circonscription du Nord), l’autre européen, Dominique Riquet, venus les rencontrer vendredi sur ce sujet, les pêcheurs ont sonné le tocsin. «On ne va pas passer le mois de mars», ont-ils lâché. Au point d’en appeler directement aux pouvoirs publics. «Nous avons besoin d’une aide directe», alarme Philippe Nowé. Le conseil régional et l’État ont été contactés pour débloquer des fonds d’urgence et éviter un drame autant social qu’économique. Le 30novembre, les élus de la communauté urbaine de Dunkerque avaient adopté une motion en faveur de la lutte contre la pêche électrique.

Par Benjamin Cormier – 13.01.2018 – La Voix du Nord. Vous pouvez retrouver l’intégralité de l’article en cliquant ici (édition abonnés)