[MEDIAS] Recomposition à droite et au centre, comment se positionnent vos élus – La Voix du Nord

Les Radicaux reprennent leur indépendance

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C’est un événement politique qui vous aura peut-être échappé, mais début décembre, après 45 ans de scission, les deux composantes du parti radical (le PRG et le parti valoisien), se sont réunifiées. Le parti valoisien est historiquement bien implanté dans le Valenciennois avec sa figure emblématique : l’ancien maire de Valenciennes Jean-Louis Borloo. Conséquence de cette réunification : le fossé s’est creusé entre ces « Radicaux » et l’UDI à laquelle les Valoisiens jusqu’alors associés.

«  Les radicaux se sont réunis, analyse Jean-Noël Verfaillie, conseiller départemental et valoisien lui-même. En réaction, l’UDI nous a exclus. Le but, c’est vraiment d’être indépendant, dans un rôle central, de ne pas être dans l’opposition systématique, mais de pouvoir dire sur tel ou tel point quand on n’est pas d’accord. On est un petit parti en termes de militants, mais on a beaucoup d’élus locaux. Cet ancrage local manque au président.  » Autre représentant des Radicaux dans le Valenciennois, le député européen Dominique Riquet pour qui «  la position européenne du président (Macron) ressemble à la nôtre. On n’a pas d’obligation de fidélité constitutionnelle, mais la politique actuelle nous convient sur beaucoup de points.  » La mise à l’écart de l’UDI ? « Quand on sait que le Nouveau Centre (d’Hervé Morin) quitte aussi l’UDI, on ne sait pas ce qu’il va rester…  » Et de rappeler que lui «  n’a jamais jeté d’exclusion sur des personnes  ».

Toujours du monde à l’UDI

Pour Valérie Létard, la présidente de l’UDI dans le Nord, la maison commune construite et laissée par Borloo au final, la rupture avec les « Radicaux » ne semble pas si tranchée. «  Ce n’est pas dans ma nature d’exclure les gens.  » Et d’en appeler au rassemblement : «  Les composantes regardent, se cherchent, mais la famille UDI doit rester rassemblée. Il est urgent de laisser chacun cheminer.  » Toute la question est de savoir où «  chacun se situe  », notamment face à l’ogre En Marche. Ni dans la majorité, ni dans l’opposition, les centristes tentent de se démarquer. «  L’UDI, c’est un segment politique que les gens apprécient, poursuit Valérie Létard. On n’a aucune valeur ajoutée à faire partie du magma En Marche.  »

Le Valenciennois reste en tout cas un fief UDI. La plupart des élus que nous avons interrogés nous ont fait savoir qu’ils restaient au sein du parti de centre droit. Si Sophie Granato, conseillère régionale, n’a pour l’heure pas donné suite à nos appels, l’autre représentant UDI du territoire à la Région, Salvatore Castiglione nous a confirmé qu’il conservait son étiquette, même s’il se sent «  un peu loin des histoires parisiennes  ». Pour lui, «  on sait travailler avec les Radicaux. Je sais travailler avec Alain Bocquet, avec Anne-Lise Dufour. On sait s’entendre pour l’intérêt du Valenciennois.  » Même discours du côté de Geneviève Mannarino, toujours UDI. Le positionnement vis-à-vis d’En Marche, les étiquettes politiques, tout ça, «  ce sont des débats très nationaux. Je porte des valeurs centristes que l’on peut retrouver dans d’autres partis.  » Bref, la cuisine politique, ça n’intéresserait personne. C’est ce que nous dit aussi en substance le maire de Valenciennes, Laurent Degallaix, lui aussi encore à l’UDI et qui n’a jamais caché qu’il était «  Macron compatible  ». «  Je laisse la recomposition politique à ceux qui veulent la faire. S’exciter pour créer des petites chapelles, c’est terrible.  »

À noter aussi que, même s’ils sont été élus avec l’investiture UDI, Béatrice Descamps, députée de la 21e, et Yves Dusart, vice-président au conseil départemental, précisent qu’ils n’ont de carte dans aucun parti.

Les Républicains dans l’attente

L’élection de Laurent Wauquiez à la tête des Républicains ne semble pas, pour l’heure, avoir entraîné de départs en cascade au sein du parti de droite. Xavier Bertrand, le président de Région qui a quitté LR, ne semble pas avoir fait des émules dans l’arrondissement.

Monique Huon, membre du parti Chasse Pêche Nature et Tradition, siège en tant que conseillère régionale apparentée aux Républicains, et elle nous renvoie à la ligne choisie par son parti au niveau national : le «  partenariat avec les Républicains  » est toujours d’actualité. Aurore Colson, conseillère régionale LR, elle, «  attend de voir. Je ne suis pas du tout sur la ligne Wauquiez, mais je lui donne une chance. J’attends de voir comment ça va évoluer au sein de notre parti, voir si toutes les composantes de la famille arrivent à vivre ensemble.  » Même position d’attente chez Olivier Capron ou Pascal Coupez, les responsables LR des 19e et 21e circonscriptions. «  J’invite Laurent Wauquiez à assouplir le discours sans pour autant lui jeter la pierre et sans quitter les Républicains  », argumente Olivier Capron. Pascal Coupez estime, quant à lui, que «  c’est au sein de son parti qu’on change les choses. Il faut le faire à l’interne. C’est ce que fait Valérie Pécresse.  » Et pas en claquant la porte.

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